
Pour beaucoup de chats, la voiture réunit tout ce qu’ils n’aiment pas : un espace inconnu, des vibrations, le bruit du moteur et l’impossibilité de se cacher où ils veulent. Un trajet de plusieurs heures, pour des vacances ou un déménagement, se prépare donc quelques jours à l’avance. La plupart des chats finissent pourtant par se calmer une fois la voiture lancée, à condition d’être bien installés et de ne pas être sollicités sans arrêt.
Les jours qui précèdent : rendre le contenant banal
Le premier obstacle arrive souvent avant la route, au moment où le chat voit sortir son sac ou sa caisse et file sous le lit. Sortez le contenant une semaine avant le départ et laissez-le ouvert dans une pièce où il passe du temps, avec son plaid habituel ou un vêtement qui porte votre odeur. Glissez-y une friandise de temps en temps, sans jamais le refermer sur lui à ce stade.
Quand il y entre de lui-même, fermez quelques secondes, puis quelques minutes. Vous pouvez ensuite faire un essai en voiture, moteur allumé, puis un petit tour du quartier. Un chat qui a déjà vécu dix minutes de route sans incident aborde un trajet de cinq heures dans un tout autre état d’esprit.
Profitez-en pour vérifier que son identification (puce ou tatouage) est enregistrée avec vos coordonnées actuelles dans le fichier I-CAD. Un chat qui s’échappe sur une aire d’autoroute se retrouve beaucoup plus facilement s’il est identifié.
Où installer le chat dans la voiture ?
Un chat ne voyage jamais en liberté dans l’habitacle. Au-delà du danger en cas de freinage, le Code de la route demande au conducteur de garder en permanence sa liberté de mouvement (article R412-6) : un animal qui se glisse sous les pédales ou sur les genoux peut valoir une sanction, et surtout provoquer un accident.
Le plus simple est de poser le contenant sur la banquette arrière et de passer la ceinture de sécurité dans ses poignées ou dans la sangle prévue à cet effet. Autre solution : le caler au sol, derrière un siège avant, où il ne peut ni glisser ni se renverser. Évitez le siège passager avant, à cause de l’airbag, et le coffre fermé d’une berline, où l’air circule mal.
Sur un long trajet, le contenant lui-même compte beaucoup. Il doit permettre au chat de se retourner et de s’allonger, laisser passer l’air sur plusieurs côtés et rester stable une fois attaché. Si vous hésitez encore entre un sac souple et une caisse rigide, des boutiques spécialisées comme Le Sac Chat permettent de comparer les tailles, les matières et les systèmes d’aération avant de choisir. Au fond, une alèse ou une vieille serviette absorbe un éventuel accident sans transformer la suite du voyage en épreuve.
Côté ambiance, gardez une température modérée, sans souffle de climatisation dirigé sur lui, et une musique douce plutôt que forte. Une couverture posée sur une partie du contenant aide souvent les chats anxieux : ils se sentent cachés sans manquer d’air.
Repas, eau et pauses : quel rythme adopter ?
Un estomac plein supporte mal les virages. On conseille généralement un repas léger quelques heures avant le départ, plutôt qu’une gamelle copieuse juste avant de monter en voiture. L’eau, elle, reste disponible jusqu’au départ.
La Sécurité routière recommande au conducteur une pause toutes les deux heures. C’est aussi un bon rythme pour proposer au chat un peu d’eau, dans une petite gamelle glissée par l’ouverture du sac. Sur un trajet de plus de cinq ou six heures, vous pouvez installer une litière jetable sur le plancher arrière : n’ouvrez alors le contenant que portières et fenêtres fermées.
Trois règles ne souffrent aucune exception :
- ne jamais ouvrir le contenant hors de la voiture, même sur une aire calme : un chat paniqué file en une seconde ;
- ne jamais le laisser seul dans une voiture garée au soleil, même vitres entrouvertes, car l’habitacle chauffe en quelques minutes ;
- ne jamais lui donner un calmant prévu pour les humains : si votre chat supporte très mal la route, parlez-en à votre vétérinaire avant le départ.
Quels signes doivent vous faire arrêter le trajet ?
Miauler pendant le premier quart d’heure est banal, et la plupart des chats se taisent ensuite pour finir par dormir. Certains signes justifient en revanche de s’arrêter dès que possible : une respiration bouche ouverte, une salivation abondante, des vomissements répétés ou une agitation qui ne retombe jamais. Garez-vous, laissez-le dans son contenant, aérez la voiture et observez-le quelques minutes. Si sa respiration ne redevient pas normale, appelez un vétérinaire.
À l’arrivée, installez-le d’abord dans une seule pièce calme, avec sa litière, son eau et son contenant ouvert. Il en sortira quand il sera prêt. Certains chats explorent leur nouveau lieu dès le premier soir, d’autres ont besoin d’une journée entière, et les deux réactions sont normales.
